Quand je serai grand, je vaincrai l’imprévisibilité des festivals

23 mars 2017


Crédits photo : Jay Kearney

Ce n’est pas un secret, un festival c’est un beau gros bordel organisé. On a beau avoir tous les fichiers Excel de ce monde, des programmes de gestion événementielle reconnus, une solide marge de crédit, une tonne d’employés, des bénévoles dévoués et plusieurs roulettes de duck-tape, un festival reste un festival : tout peut arriver, tout peut s’écrouler, tout peut changer.  Cette image de camion réfrigéré tout croche enlisé dans le sable résume parfaitement ce qu’est un festival. Je n’aurais jamais pu scénariser une photo aussi parfaite (merci Jay Kearney). Un détail aussi simple que la livraison d’un camion réfrigéré qui prend une bête petite case dans mon fichier Excel qui en contient 2594 peut prendre une tournure totalement dramatique.

Afin d’illustrer l’angoisse dans laquelle nous sommes plongés durant ses quelques jours je vais utiliser mes pauvres collègues de travail sans leur permission :

Au fil des années, j’ai appris à monter mes horaires de productions en me laissant énormément de marge de manœuvre et en prenant pour acquis qu’aller chercher des sacs de glace prendra peut-être 1 heure au lieu de 12 minutes. D’ailleurs, voici Marc Veillette (membre fondateur) qui porte les sacs de glace dans toute sa splendeur (ça lui a pris 23 minutes finalement) :

Crédit photo : Jay Kearney

Bref, ce temps économisé, on sait tous qu’on le perdra à un moment ou un autre. Oui oui, la réalité vient toujours nous rattraper. Le 36 minutes que Marc a sauvé en livrant les sacs de glace comme s’il n’y avait pas de lendemain, il l’a reperdu dans la journée… genre…quand il s’est rendu compte que les boîtes de papier de toilette n’ont jamais été livrées et qu’il devra faire du slalom au centre-ville pour se rendre sur l’autoroute jusqu’au distributeur situé à St-Hilarion  (À environ 20 km du centre-ville) D’ailleurs voici Marc heureux après sa commission :

Crédit photo : Jay Kearney

Un autre exemple : les loges des artistes!  Anne-Marie a beau scruter à la loupe la totalité des devis d’hospitalité, dévaliser les épicerie et envoyer ma mère en renfort chez Costco faire la ninja dans les allées à la recherche des fameux pots jumbo de noix de cajou, il fini toujours par manquer une maudite bouteille de gin. D’ailleurs, voici ici Anne-Marie qui flotte sur un nuage, se croyant invincible et croyant avoir vaincu le karma de la bouteille de gin manquante : 

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Crédit photo : Caroline Perron

Et maintenant la voici, quelques minutes plus tard découvrant qu’il manque une bouteille de gin aux loges du sous-sol de l’église :

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Crédits photo : Caroline Perron

Et ensuite, la voici après avoir appris que la SAQ était en rupture de stock et que notre master volant (Marc) était jammé dans le traffic sur la rue Forget :

Crédits photo : Jay Kearney


Ah et en passant…Anne-Marie m’a annoncée l’histoire de la bouteille de gin au même moment que je venais d’apprendre que le camion de location transportant notre tente de régie rétractable venait de faire un ‘’flat’’ à Trois-Rivières (photo à l’appui) :

Crédits photo : Jay Kearney

Au final, on a beau vouloir tout prévoir, il faut accepter que l’imprévisible ne se prévoit pas. Toi, nouvel organisateur de festival, ne te crois pas invincible car tôt ou tard il te manquera aussi une bouteille de gin.

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